Ailleurs

Publié le par Sophie

Ailleurs

David Guyon et Hélène Crochemore

Talents hauts, 2019

 

D'un côté, un pays en guerre où règne la pauvreté et l'espoir d'un ailleurs. De l'autre, notre pays imparfait qui représente l'espoir au loin.

 

 

Cet album est extrêmement fort pour ce qu'il représente. Avec justesse, il oppose ces pays où la fuite est le seul symbole d'espoir et le nôtre. Cette opposition est faite avec pertinence sur des sujets particuliers du quotidien avec des phrases courtes qui visent en plein cœur. Et puis, il y a des pages avec un brin d'insouciance où on oublie le malheur.

 

 

Et puis il y a celles où la guerre et la pauvreté frappent et nous rappellent la chance que nous avons de vivre en démocratie.

 

Dans mon pays, les enfants sont des petits soldats.
Dans ton pays, les enfants ont des petits soldats.

 

Les illustrations, ce n'est pas le style vers lequel je vais habituellement mais qu'est-ce qu'il va bien avec ce texte. L'aspect croquis de ces illustrations correspond bien à l'ambiance générale et s'adapte bien aux diverses situations. Un peu plus de détails dans le supermarché, des traits épais et noirs pour représenter la nuit, plus de finesse pour montrer le repas de famille... C'est un style rapide et efficace qui joue sur l'opposition comme dans le texte.

 

Ce que j'aime dans cet album, ce sont les contrastes qui ne sont pas à sens unique. Chez nous, il y a aussi la solitude des anciens et les gens à la rue. C'est ce gris à nuancer qui fait la force de ce livre, qui met en lumière les petits plaisirs et qui frappe fort avec les horreurs de notre monde. Notre monde, parce qu'il n'y en a qu'un et qu'on le partage, qu'on se doit de le partager... et d'accueillir.

 

Les histoires de migrants, il y en a beaucoup. Certaines sortent du lot comme celle-ci qui prend un angle particulier et qui montre que chaque pays vaut d'y vivre car on en arrive jamais à fuir par plaisir mais pour survivre. Je termine avec ces deux phrases dont l'opposition dit tout pour moi.

 

Dans mon pays, il y a la guerre et j'ai peur de mourir.
Dans ton pays, il y a la paix et tu as peur de vivre.

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