Et le désert disparaîtra

Publié le par Sophie

Et le désert disparaîtra

Marie Pavlenko

Flammarion jeunesse, 2020

 

Le monde de Samaa pourrait être le nôtre un jour. La vie recule laissant place au sable qui prend toute la place. Plus d'animaux, plus de végétation ou presque. Pour survivre, les hommes de son peuple chassent les arbres. Quand ils en ramènent un, ils peuvent le vendre en ville et assurer la vie de leur groupe pendant quelques temps. Pourtant, il y a l'ancienne qui ne cesse de répéter que ce n'est pas la solution, que les arbres peuvent nous aider autrement. Peu importe pour Samaa, elle n'a qu'une envie, faire ses preuves pour intégrer le groupe de chasseurs quitte à désobéir.

 

 

Ce roman, c'est l'histoire d'une prise de conscience. Samaa va se retrouver dans une situation qui va l'amener à remettre en question tout ce qu'elle pensait connaître. Par cette quête d'elle-même, par ce changement de point de vue, elle nous offre un magnifique regard sur l'écologie et l'importance de vivre avec la nature et non contre elle.

Le monde de Samaa est un futur possible pour le nôtre. Un futur que l'on distingue triste sans la nature qui nous entoure encore. Beaucoup d'animaux, beaucoup de végétation ont disparu et ces choses qui n'existent plus qu'à la marge ont même fait évoluer le langage. Les hommes chassent donc du bohis (qu'on comprend être le bois des arbres) et on peut parfois apercevoir des inxetes qui grouillent. Cette évolution montre le temps passé, un temps suffisamment long pour que ceux qui vivent à cet instant n'aient pas connu notre monde.

Cette prise de conscience, elle arrive tardivement pour Samaa mais tant qu'il y a de la vie... Surtout, elle nous confronte à notre mode de vie et elle nous interroge. A-t-on vraiment envie de prendre conscience du danger qui plane sur la planète quand toute notre civilisation aura disparu ? Ou peut-on réagir, ajuster, changer avant qu'il y ait plus de pertes ?

 

Par son message  et la façon dont il le donne, ce livre est beau. Mais c'est aussi un bel objet qui respire le naturel. Une couverture ocre avec de simples feuilles vertes, l'absence de pelliculage, un papier certifié qui garantit une exploitation durable des forêts, une encre végétale et une impression en France permettent à l'objet d'être dans la continuité de son histoire.

Un superbe texte, envoûtant, poignant qui donne envie de réagir, d'agir !

 

Retrouvez les avis de Céline et Pépita ainsi que la lecture commune sur À l'ombre du grand arbre.

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