Me voici

Publié le par Sophie

J'ai envie d'avoir votre avis sur cet album de Friedrich Karl Waechter, publié chez MeMo, qui personnellement m'a laissée une désagréable sensation. Tout commence avec l'histoire qui est, certes, proche de pratiques courantes mais néanmoins violentes !

 

Une portée de trois chatons est en trop dans cette famille. Des pêcheurs les emportent dans un sac et les jettent à la mer. Deux sont dévorés par un requin, le dernier, plus malin s'en sort...

 

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Vous le constatez, ce n'est pas très gai ! Des histoires où on s'en prend si injustement à des animaux, déjà ça m'énerve et ça me fend le cœur. C'est donc avec appréhension que j'ai lu ce texte qui heureusement se termine bien.

 

En revanche, je ne saurais l'expliquer complètement mais ce livre me laisse un malaise certain. Je n'ai pas compris le but réel de cette histoire, à part montrer la cruauté, à quoi servait-elle ?

J'ai perçu des allusions au nazisme, pas facile à justifier car c'est plus un ressenti. Y a-t-il un parallèle que l'auteur a voulu faire ?

Et enfin, il y a une scène que dont je ne comprends pas l'intérêt. Après avoir échappé au requin, le chat arrive sur une plage... nudiste ! Ce détail ne m'a pas sauté aux yeux à la première lecture mais malgré les traits grossiers, il n'y a aucun doute ! Quel intérêt dans un livre pour enfant ?

 

Voilà donc un album qui ne m'a pas du tout conquise. L'histoire est violente, les illustrations ont un style plutôt vieillot (mais là il s'agit juste de mes goûts personnels) et cette scène de la plage me reste en travers de la gorge.

Du coup, j'aimerais beaucoup avoir votre opinion sur ce livre car j'ai été surprise des avis que j'ai lu.

 

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francesco pittau 22/06/2013 10:28

Je n'ai pas lu ce livre mais, à priori, je le trouve tout à fait correct par rapport à l'idée que je me fais de la littérature "jeunesse" ou de l'album en général. Il y a une habitude, contredite
par l'histoire des livres, de considérer qu'un livre "jeunesse" est juste une ouverture sur le monde vue à travers des lunettes finalement roses. Pour le coup, il faudrait sabrer la totalité des
comptines et des légendes que l'on se plaît à raconter aux enfants... et tant qu'on y est, supprimons les passages durs de Pinocchio ou de Sans Famille ou de n'importe quel classique. Un livre,
c'est un apprentissage du monde, avec tout ce qu'il a de bon et de mauvais.

Sophie 22/01/2015 21:59

Un album très marquant en effet, qui m'avait beaucoup dérangé et dont on avait d'ailleurs parler sur A l'ombre du grand arbre : http://alombredugrandarbre.com/?p=5274.

Anne-Marie 22/01/2015 12:03

Ce matin un enseignant de maternelle qui regardait les albums dans les bacs me met sous les yeux cet album ouvert à la page que vous citez (la plage). J'ai tout de suite pensé aux problèmes de censure qui se sont passés l'année dernière et comment ce livre-là n'avait pas été cité ?
Moi aussi je l'avais en quelque sort occultée je pense parce-que déjà prise par ailleurs par des émotions fortes liées à l'ambiance sombre de l'histoire (abandon, noyade, naufrage, meurtre,...) le ton du texte (récit à la première personne) participe à créer un tension, c'est un peu celui du polar noir avec du mystère. Plein de problèmes sociaux, politiques sont suggérés. L'être humain n'est pas à son avantage aussi dans cette histoire, les visages caricaturés. Mais beaucoup de richesse dans tout ça... et des illustrations belles et fortes.
Bref j'ai beaucoup aimé comme un autre livre du même auteur "Le loup rouge" un petit roman avec un récit qui ressemble beaucoup à celui-là.
Sinon j'ai trouvé les réflexions de Marie très intéressantes.

Sophie 22/06/2013 14:37



J'en conviens totalement et à la limite sans cette plage nudiste, je n'aurais pas forcément réfléchi si longuement sur ce livre. Quand je l'ai refermé à la première lecture, je me suis dit que
l'histoire était dure et elle me touchait. En cherchant d'autres avis je suis tombé sur un qui évoquait la plage nudiste que je n'avais pas vu. Et là j'ai cherché à comprendre son sens et si
j'étais passé à côté de qqchose parce que franchement, je ne vois toujours pas l'intérêt si ce n'est l'explication qui a été faite précédemment.


Je suis la première a aimé les livres pour enfants qui font réagir, mais celui-ci je ne l'ai pas bien compris.



Marie 20/06/2013 08:05

Et pour l'interprétation de la fin, moi aussi c'est le côté fidèle des animaux qui m'a fait penser à ça et il me semble qu'il reconnait les lieux aussi non ?!? Ou en tout cas c'est l'impression que
ça m'a donné. Mais de toute façon, c'est un album qui pose tellement de questions que chacun peut y voir autre chose ! En tout cas, merci pour cet article, c'est toujours sympa d'échanger sur les
lectures qui nous troublent !

Sophie 20/06/2013 22:44



C'est toujours un plaisir d'échanger...



Marie 20/06/2013 08:01

Oups boulette, c'est vrai que pour le coup je n'ai pas fait gaffe et j'ai complètement spoilé la fin pour ceux qui ne l'ont pas lu...

Marie 19/06/2013 13:54

Salut !
Je l'ai lu il n'y a pas si longtemps que ça et moi aussi cet album m'a laissée perplexe. Je n'ai pas vraiment vu le parallèle avec les nazis (quand il traverse l'Allemagne ??) et pour la plage
nudiste, j'ai eu du mal à comprendre.
Je me suis dit que peut-être l'auteur avait voulu renverser les codes. Sur l'image, le chaton est habillé, les hommes sont nus or, dans la réalité c'est l'inverse. En tirant un peu le raisonnement,
j'ai pensé que ça marquait peut-être le moment où le chat prend le dessus sur son destin alors qu'au début de l'histoire, ce sont les hommes qui décident de son sort. Les vêtements du chat et
l'absence de vêtements des hommes pourraient être une façon de marquer une forme d'affranchissement de l'animal par rapport aux humains...mais bon, j'avoue que ça m'a fait beaucoup beaucoup cogiter
pour en arriver à ça ! Et peut-être que mon interprétation est totalement à côté de la plaque.
Quant au sens global de l'album, j'y ai plutôt vu une façon de montrer un acte de résilience. Certains animaux et certaines personnes ne sont pas épargnés par la vie et pourtant, ils s'en sortent
en déployant des moyens hors du commun et arrivent à pardonner et à avancer. Il est au final heureux de retourner dans cette famille qui l'a à l'origine condamné et qui a provoqué la mort de sa
soeur et de son frère. J'ai comme toi trouvé le style des illustrations un peu vieillot (mais c'est une question de goût personnel). D'habitude, j'aime les albums qui dérangent, qui posent pas mal
de questions, mais j'avoue que celui-ci ne m'a pas franchement emballée et m'a laissé une impression étrange...

Sophie 19/06/2013 23:36



Ton raissonement est intéressant en effet. Pour la fin, c'est une question que je n'ai pas évoqué dans mon article mais en fait rien ne nous dit qu'il est revenu à son domicile de départ. J'ai
une collègue qui ne l'a pas vu comme ça. Moi c'est vrai que j'ai pensé à cette possibilité aussi pour le côté fidèle des animaux qui son capable de faire des centaines de kms pour retrouver leur
maître.


J'aime aussi les albums qui dérange, qui sortent de l'ordinaire, en tout cas c'est intéressant de voir que celui-ci fait réagir.



Morereau Marjorie 19/06/2013 13:37

Peut-être que le souci de l'auteur est de confronter les enfants avec les réalités de notre monde, aussi déplaisantes soient-elles. En utilisant le support du conte pour enfant, peut-être cherche
t-il à introduire dans leur univers "naïf", ces notions auxquelles ils auront à se confronter plus tard. En tant qu'adulte, je peux comprendre la démarche mais en tant que maman, il me semble que
le traitement devrait-être plus subtil. Et compte tenu de ce contenu qui se voudrait réactionnaire, les illustrations semblent d'une autre époque, naïves.