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Lundi : les extras (jeux, films, revues, applications, prix, concours...) toujours pour les enfants
Du mardi au vendredi : des chroniques pour les petits enfants et les grands ados
Samedi : les sélections sur un thème d'actualité ou pas

 

Et des fois, rien, juste rien selon l'envie !

 

Mais pour encore plus d'actualités sur la littérature jeunesse ou sur le quotidien d'une blogueuse-maman-bibliothécaire-lectrice, c'est sur les réseaux sociaux et à la radio.



 

Sophie

Une Recherche Précise ?

Le blog dans et hors les murs...

Ce blog est né de deux bibliothécaires et mamans, Judith et Sophie (moi-même), férues de littérature jeunesse. De l’album au roman en passant par la BD et le documentaire, il y en a pour tous les âges de la naissance à l’adolescence et pour tous les goûts. Et comme le monde du livre est grand, on découvre parfois des portraits d’éditeurs et d’auteurs, ainsi que l’actualité de cet univers passionnant.


Pour savoir qui de Judith ou moi est l'auteur d'un article, il suffit de regarder tout en bas de celui-ci, juste avant le lien pour les commentaires.

 

Vous pouvez aussi me retrouver sous le pseudo, SophieLJ, sur les blogs, forums... Et sur le blog collectif À l'ombre du grand arbre auquel je participe.

 

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La bannière du blog a été réalisée par Anbleizdu.

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24 mars 2017 5 24 /03 /mars /2017 06:00

Ma fugue chez moi

Coline Pierré

Rouergue, 2016

 

Anouk, 14 ans, ne supporte plus le collège. Sa meilleure et seule amie s'est détournée d'elle pour passer du côté des commères moqueuses alors voilà qu'elle se retrouve seule. Chez elle, ce n'est guère mieux avec un père qui fait ce qu'il peut pour élever ses deux filles et une mère quasi inexistante qui ne fait que passer deux ou trois fois dans l'année entre deux missions pour son travail. Alors un jour, Anouck décide de fuguer mais il ne lui faudra que quelques heures pour comprendre les difficultés de la vie en fuite. La solution, fuguer chez elle en se cachant dans le grenier...

 

 

Vous l'aurez compris, ce roman est assez original. Raconter la fugue d'une ado c'est une chose mais quand celle-ci se déroule sous son propre toit, c'est assez surprenant mais néanmoins plutôt bien mené. Anouck va donc vivre une fugue assez particulière car quand le classique du genre permet de se débrouiller et de se retrouver seule, celle-ci va être un peu différente. Anouck a presque tout le confort et n'a plus qu'à utiliser la maison quand son père et sa sœur sont absents, sans laisser de traces ce qui n'est pas forcément évident. Elle est bien seule et amenée à réfléchir sur elle-même et sur sa vie, point qui semblait nécessaire pour la jeune fille. Cette fugue à l'avantage de ne pas présenter les dangers d'une fugue en pleine nature, c'est d'ailleurs en partie ce qui l'a conduit à rentrer chez elle : la peur de dormir dehors, des autres... Mais ce qu'il y a en plus dans cette fugue, et c'est ce qui va apporter une dimension supplémentaire à ses réflexions, c'est qu'elle continue à suivre la vie de sa famille. Vivant juste au dessus d'eux, elle va assister à leurs réactions, aux recherches pour la retrouver, elle saura tout ou presque sur ce que provoque sa fuite.

 

C'est intéressant cette approche car le lecteur se place des deux côtés : celui d'Anouck et celui de sa famille, tout en ayant uniquement le point de vue de l'adolescente. C'est parfois assez difficile d'ailleurs car on comprend son besoin de fuite et de solitude et en même temps, on se met à sa place devant le désarroi de ses proches. Et puis surtout, on attend le dénouement et les réactions qu'il va susciter car si une fugue au loin peut s'éterniser, là on se doute que ce n'est qu'une question de jours.

 

Un roman court avec une approche particulière qui montre le besoin de solitude (d'une bonne solitude) dont peuvent avoir besoin les ados pour se trouver eux-même. J'ai d'ailleurs beaucoup aimé le bilan que fait Anouck de sa fugue qui se résume à cette phrase :

L'humanité tout entière passe son temps à s'enfuir.
Je crois que c'est le cours normal des choses.

 

Retrouvez l'avis de Pépita.

 

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17 mars 2017 5 17 /03 /mars /2017 06:00

Ce qu'ils n'ont pas pu nous prendre

Ruta Sepetys

Gallimard jeunesse, 2011

 

Lina est une jeune lituanienne de 15 ans qui va être déportée vers l'est avec sa mère et son frère en 1941. Leur vie va basculer quand ils vont se retrouver enfermés dans un wagon à bestiaux avec bien d'autres personnes comme eux, pendant plusieurs semaines. Suivra ensuite de longs mois dans un camp de Sibérie où Lina fera la rencontre d'Andrius. Peu de place pour une histoire d'amour dans ce roman tristement réel mais ce sont pourtant les prémices de cela qui va se vivre entre eux, tous les deux portés par leur envie de résister à cette violence et de croire encore à une vie ailleurs...

 

 

On connait des romans sur ce qu'on vécu les juifs à cette même époque mais beaucoup moins sur ce qui se jouait plus à l'est jusqu'en Russie. Les parcours des uns et des autres sont malheureusement assez semblables : cruauté, insalubrité, maladies, travaux forcés, morts, violence et j'en passe. C'est un roman dur que nous propose Ruta Sepetys mais en même temps, et ce dès le titre, elle le veut aussi comme un message d'espoir.

Ce qu'ils n'ont pas pu nous prendre induit tout de suite que Staline et ses camps n'ont pas gagné. Que même en prenant beaucoup, il restait encore assez pour l'espoir, l'amour et la vie. Lina est une jeune fille impressionnante. Passionnée par le dessin, on sent très vite son âme de résistante qui lui donnera la force de vivre même si elle est contrainte de subir l'horreur. Les personnages sont nombreux mais tous bien développés à leur niveau. On voit les réactions différentes, les caractères et les parcours qui se construisent pour survivre comme on peut. Et puis on voit les sacrifices que chacun fera sur son confort, sur sa vie, sur ses principes. Tout n'est pas noir ou blanc dans ce genre d'histoire et j'ai aimé que ça ressorte dans ce texte.

 

C'est aussi un livre qui questionne sur l'actualité. Tout le monde semble d'accord sur le fait que ce genre de camp ne peut plus exister et pourtant n'est-on pas en train de reproduire des choses trop proches avec des gens qui demandent de l'aide ? C'est toujours bon de regarder derrière pour ne pas reproduire les erreurs du passé...

 

Un livre à lire pour mieux connaître ces vies détruites et garder l'espoir que Lina nous offre !

 

Retrouvez les avis de Bouma et Alice.

 

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10 mars 2017 5 10 /03 /mars /2017 06:00

Nos âmes rebelles

Samantha Bailly

Rageot,  2016

 

Ça y est, c'est l'année de la terminale et du bac pour Sonia et Lou. Les deux amies qui se sont rencontrées sur internet ont créé un blog BD : la première au texte et la seconde au dessin, pour montrer leur quotidien de lycéennes. À cette année qui s'annonce chargée côté scolaire vont venir s'ajouter de nombreux projets : un roman pour l'une, le concours d'entrée à l'école des Gobelins pour l'autre et bien sûr des histoires d'amour et d'amitié...

 

 

Dès la couverture, je m'attendais à rentrer dans un roman girly mais la mention du blog BD a largement attiré mon attention. Finalement, je dois avouer que j'ai été un peu déçue par ce roman.

 

C'est un roman qui se lit très bien et j'ai apprécié qu'on alterne les points de vue de Sonia et de Lou au fil des mois de leur année scolaire. Les deux jeunes filles ne vivent pas du tout dans la même ville (une en Normandie et l'autre à Angoulême) mais elles sont très proches via les réseaux ce qui rend leur amitié tout à fait envisageable malgré la distance. Suivre leur quotidien est donc un bon point pour le roman qui aborde en plus des thématiques intéressantes : l'amitié, l'amour, l'homosexualité, la réflexion sur les études à venir, la préparation du bac, le blog, la famille... En plus les deux amies sont très différentes l'une de l'autre donc cela évite une redondance : Sonia est à l'aise avec les autres et très portée sur les garçons, Lou est plus réservée et solitaire.

 

Malgré tout, j'ai trouvé qu'il y avait quelques problèmes dans ce roman. Déjà, l'année passe très vite et l'auteure à l'habitude de nous couper dans notre élan en faisant des ellipses parfois frustrantes. En gros, Lou et Sonia ont chacune un chapitre, souvent centré autour d'un sujet/évènement, par mois. Sauf que certaines choses mériteraient d'être plus développées.

Une autre chose qui m'a gêné, c'est cette histoire de blog. Elles sont censées le faire à deux (une au texte, l'autre aux illustrations) sauf que Lou est la seule à nous en parler. Sonia est très investie sur son projet de roman, du coup le blog avance mais on ne voit pas son implication.
Autre incohérence, les week-ends que Sonia va passer à Paris à deux mois du bac. D'accord, elle travaille en semaine et ses parents sont très cools mais de là à faire le trajet chaque week-end, et visiblement sans interrogation parentale à ce sujet, à cette période de l'année, c'est un peu gros. Et non, ce n'est pas pour réviser qu'elle y va...

 

Quant au titre, pour le côté rebelle, on repassera ! C'est justifié à la fin d'une façon assez peu convaincante alors que ces deux lycéennes sont finalement assez commune avec leur vie et leur passion et c'est très bien comme ça.

 

Dans ce roman, les relations entre les personnages sont intéressantes. J'ai particulièrement aimé l'amitié entre Sonia et Matthieu qui aurait mérité d'être encore plus présente, je trouve, surtout à la fin. Les sujets abordés sont très bien vus également et font sans problème écho au quotidien des ados, je pense. C'est le traitement de tout ça qui manque de profondeur et de logique.

Un roman qui se lit bien, qui plaira sûrement aux ados mais qui manque de quelque chose.

 

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17 février 2017 5 17 /02 /février /2017 06:00

Les valises

Sève Laurent-Fajal

Gallimard jeunesse, 2016

 

Nous sommes en 1982, Sarah n'est pas enchantée de partir en voyage scolaire avec sa classe. En froid avec sa meilleure amie, elle se retrouve seule dans le bus pendant que Josy semble bien s'amuser avec la bande de ce frimeur de Jérémy. Mais une fois arrivée à Auschwitz, Sarah va ressentir le désir fort de découvrir ses propres origines qu'elle ressent liées de près ou de loin à ce lieu.

Vivant seule avec sa mère, elle va se décider trop tard à lui poser des questions sur sa famille et son père. En effet, celle-ci va se retrouver dans le coma suite à un accident, Sarah devra alors se débrouiller pour enquêter sur sa famille et les premières années de sa propre vie.

 

 

J'ai beaucoup aimé lire ce roman. Nous sommes au début des années 1980 et pourtant seuls quelques détails nous le rappellent de temps en temps. Sarah est une adolescente comme pourrait l'être une jeune fille d'aujourd'hui dans la même situation. Comme le montre la couverture avec les trois pictogrammes dessinés sur la buée d'une vitre, toute cette histoire va se jouer avec trois éléments importants : une histoire d'amour pas toujours facile, une correspondance mystérieuse et des origines juives.

 

Tout est réuni pour faire de ce roman une histoire palpitante et particulièrement prenante. L'histoire d'amour est bien menée sans jamais être "guimauve rose", l'enquête sur sa famille est passionnante et on se met facilement à la place de Sarah car nous aussi on veut comprendre, quant à l'histoire autour des juifs c'est là aussi juste ce qu'il faut d'assez subtil pour ne pas être dans un roman historique tout en ressentant toute la force des émotions de cette époque.

 

J'ai donc été conquise par ce roman que je n'ai pas lâché et que je vous recommande chaudement. En plus, c'est le premier roman de Sève Laurent-Fajal ! Si vous voulez en savoir plus, j'ai eu le plaisir de la recevoir à la radio dans deux émissions que vous pouvez réécouter ICI et .

 

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3 février 2017 5 03 /02 /février /2017 06:00

Dans les branches

Emmanuelle Maisonneuve

Graine 2, 2015

 

Mo est un collégien accro aux jeux vidéo. Il passe ses journées voire ses nuits à jouer et ce n'est pas sa mère, handicapée du dos suite à un accident qui va s'y opposer. Geek et solitaire, il préfère donc s'enfermer dans sa chambre que de se réjouir de la course d'orientation qui s'annonce au collège. Mais il n'aura pas le choix, il faudra y aller même à reculons. Ce que Mo n'avait pas prévu, c'était de se perdre dans les bois. Il n'avait pas prévu non plus de se blesser et d'être secouru par une étrange créature digne des trolls de ses jeux. Et pourtant, c'est ce qui va se passer et ce qui va changer sa vie à jamais...

 

 

J'ai ouvert ce roman sans m'attendre à grand chose. Il fait partie du Prix Ados d'Ille et Vilaine cette année donc je me suis dit que ça devait quand même valoir le coup. Je ne savais même pas que Graine 2 (maison d'édition plus connue pour ses guides de voyage) proposait des romans. Quant à Emmanuelle Maisonneuve, je ne la connaissais pas plus. Bref, c'était l'inconnu total et je l'avoue j'étais pas plus emballé que ça. Quelle erreur !

 

Tout commence comme beaucoup de romans fantastiques : un héros solitaire, pas orphelin mais avec une vie de famille pas simple et un évènement déclencheur d'une nouvelle réalité. Pour moi, aucun doute, je commençais un livre du genre. Et là surprise, il se pourrait que le troll qui a sauvé Mo n'en est pas un et qu'en fait nous sommes dans un monde tout ce qu'il y a de plus classique. Je ne peux pas vous en dire plus sur cette créature mais il ne faut pas toujours se fier aux apparences.

Très vite, on quitte donc le monde imaginaire que l'on avait à peine effleuré et on démarre une quête initiatique et une relation qu'on ne soupçonnait pas possible dans les premières pages. Mo va découvrir au côté de cette créature toute une part de lui-même qu'il ne connaissait pas et que le lecteur ne pouvait pas deviner.

La forêt et la montagne font le décor de ce récit poignant, touchant et captivant. Mo qui était assez têtu et fermé comme garçon devient attachant et son évolution se fait avec une justesse impressionnante. Ça se fait comme ça, sous nos yeux et je crois que nous aussi on change un peu à la lecture de ce livre. Personnellement, ça m'a donné une sacré envie d'aller m'asseoir en forêt et de regarder la nature défilée, comme ça, juste sans rien faire, en silence.

 

Mes mots me semblent un peu trop fades face à ce roman qui m'a complètement accroché. Je n'en attendait rien et pourtant ce fût une de ces lectures dont on sort un peu transformé. Comme Mo avec cette créature de la forêt, ma première impression était bien loin d'être la bonne alors quelque soit la vôtre en regardant ce livre, ouvrez-le !

 

Retrouvez l'avis de Bouma.

 

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13 janvier 2017 5 13 /01 /janvier /2017 06:00

Robin des graffs

Muriel Zürcher

Thierry Magnier, 2016

 

La nuit, Sam parcourt Paris à la recherche du mur qui accueillera un des dessins de son vieil imagier. Son objectif, faire un graff de chacun des animaux sur des bâtiments de la ville. Son activité suscite une grande agitation chez les policiers qui enquêtent sur cette affaire.
Un jour que Sam se faufile dans le commissariat pour suivre le déroulé de l'enquête, il se retrouve avec une jeune fugueuse de 5 ans, bien décidée à faire de lui sa nouvelle famille.

Voilà une rencontre qui va bouleverser tous ses plans et sa vie...

 

 

J'ai beaucoup aimé ce roman qui nous plonge au cœur des difficultés sociales d'aujourd'hui.

Sam est un jeune en difficulté qui est hébergé grâce à un contrat original avec une dame âgée. Il a pour habitude, en dehors de ses graffs, de chanter à une chorale de SDF qui se réunit à chaque décès d'un sans-abri.
À ses côtés, il y a Bonny, cette petite fille de 5 ans qui est prise en charge par l'ASE (aide sociale à l'enfance) et qui se cherche désespérément une nouvelle famille.

En face d'eux, il  a Nora Laval, la capitaine de police qui doit jongler entre les ordres de son supérieur, sa morale personnelle, son couple et son père. Et n'oublions pas la jeune recrue, Jordan El Lokhi, qui aura l'art d'agacer le lecteur de sa fierté outre mesure.

Ce cocktail de personnage rend le roman très prenant car chacun rempli son rôle à merveille. Petit coup de cœur pour la petite Bonny qui est une enfant impressionnante et pleine de ressources.
 

L'intrigue autour de la double enquête (les graffs et la disparition de la petite fille) est très bien menée. Les évènements s'enchaînent avec logique et le lecteur est tenu en haleine sur le devenir des personnages.

 

C'est un roman qui aurait presque mérité quelques illustrations pour les graffs qu'on imagine mais qu'on aimerait beaucoup voir en vrai ! Une lecture plaisante et attachante que je vous conseille.

 

Retrouvez l'avis de Alice.

 

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6 janvier 2017 5 06 /01 /janvier /2017 06:00

Songe à la douceur

Clémentine Beauvais

Sarbacane, 2016

 

C'est l'histoire d'Eugène et Tatiana. Une histoire d'amour qui s'était finie avant même d'avoir commencée, au plein cœur de l'adolescence. Ça c'était il y a longtemps. Car ce jour, ce matin là où commence cette histoire, ils ont pris le même métro, sur la ligne 14...

 

 

C'est là que commence le roman et que recommence leur histoire. Enfin, si histoire il y a, ça il faudra le lire vous-même. Il faudra que vous ouvriez ce livre au doux titre de Songe à la douceur. Songe comme si tout n'était qu'un rêve ou comme si on nous invitait à y penser sérieusement à cette douceur qu'on oublie si facilement dans ce monde.

Quand le livre sera ouvert, il faudra constater que l'auteure s'est inspiré de Eugène Onéguine, un roman d'Alexandre Pouchkine de 1837. Soit cela vous parlera, soit comme moi vous attendrez de refermer le livre pour en savoir plus sur cette histoire qui en effet semble si proche de cet amour contemporain.

Mais avant ça, il faudra donc lire, s'habituer aux vers et à la mise en page bien loin de la norme éditoriale. Il faudra découvrir ces formes poétiques et littéraires aussi diverses que variées qui font cet objet de papier non identifié. Il faudra imaginer Clémentine Beauvais qui vous raconte cette histoire parce que oui elle est vraiment là, à vous parler à vous ou à ces personnages comme si c'était tout à fait normal.

 

Viendra ensuite le moment où il faudra refermer le livre avec un petit pincement au cœur. Celui où vous aurez la sensation d'avoir lu quelque chose de différent, d'original et d'osé. Je vous laisse le soin de choisir si vous avez aimez ou pas.

Une histoire de vie et d'amour, pas d'eau de rose pour autant, des sentiments forts et contradictoires. Moi, j'ai aimé, j'ai été transporté et je dis merci Clémentine Beauvais !

 

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4 novembre 2016 5 04 /11 /novembre /2016 06:00

L'anneau de Claddagh 1 : Seamrog

Béatrice Nicodème

Gulf stream, 2015

 

Irlande, comté de Galway, 1846.

Keira vit et travaille dans la maison des Winterbottom depuis toujours. Quand elle tombe amoureuse de Arthur Carmichael, fils d'un grand propriétaire anglais, ils vont commencer à envisager un avenir commun. Mais dans ce pays ravagé par la famine, Keira a besoin de temps pour accepter de tout quitter et ne peut s'empêcher de penser que tôt ou tard il pourrait préférer épouser une fille de son rang...

 

 

Difficile de résumer ce livre sans prendre cette histoire d'amour en point central, pourtant elle n'est qu'ébauchée dans ce premier tome. Ce livre est typiquement un livre d'introduction, parfois avec quelques longueurs, qui prend son temps pour mettre en place tout le contexte de la vie de Keira.

On y parle beaucoup des conditions difficiles dans lesquelles vivent les paysans : mauvaises récoltes, famine, maladies... On s'attarde aussi à montrer le décalage entre leur vie et celle des familles des lords anglais qui les dirigent. Et pour cause, le fossé entre ces deux mondes qui vivent sur les mêmes terres est énorme. Keira et sa mère jouent le rôle d'intermédiaire entre ces deux univers, ce qui nous permet de voir toutes cette différence de leur regard.

Comme je le disais, la romance entre Keira et Arthur n'a qu'une place secondaire dans ce premier livre. Même si elle est le fil conducteur de l'histoire, on comprend que ce sera plutôt dans les autres tomes qu'on la vivra pleinement... ou pas !

Une chose que j'ai apprécié dans cette histoire, c'est la légende de l'anneau de Claddagh. Légué par sa grand-mère, Keira porte cet anneau en collier et j'ai apprécié de le retrouver ici. Je connaissais déjà un peu l'histoire et la signification de ce bijou (cf une série bien connue où un bel ange ténébreux l'offre à son grand amour de tueuse) et c'était appréciable d'en apprendre un peu plus sur ce symbole d'amour, de loyauté et d'amitié qui guide Keira dans ses choix.

 

Ce roman est intéressant pour tout l'aspect historique de l'Irlande et de l'Angleterre qu'il met bien en scène. Malgré tout, l'histoire traîne un peu et même après la lecture, je ne sais pas trop vers quoi on se dirige : romance, aventure, magie, un autre aspect historique du monde ou peut-être un peu de tout ça... À suivre dans les tomes 2 et 3. Une petite remarque d'ailleurs, j'ai trouvé assez sympa qu'en superposant les 3 tomes, on puisse découvrir le personnage de Keira en entier.


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21 octobre 2016 5 21 /10 /octobre /2016 05:00

Le dernier songe de Lord Scriven

Éric Senabre

Didier jeunesse, 2016

 

Christopher Carandini était un grand journaliste jusqu'à une affaire qui a mal tourné pour sa réputation. Le voilà maintenant sans rien, à la rue, quand il découvre l'étrange annonce de Mr Banerjee :

Gentleman cherche secrétaire particulier pour surveiller son sommeil.
Se présenter au 30 Portobello Road et demander une théière.

C'est ainsi qu'il fera la connaissance de ce mystérieux détective privé qui résout des enquêtes... en rêvant !

 

 

Dans l'Angleterre du début du XXe siècle, on s'attache bien vite à ce duo d'enquêteurs atypique. Non sans rappeler Sherlock Holmes et le Dr Watson, les deux hommes vont se lancer dans une affaire plus complexe que celles qu'ils ont l'habitude de résoudre. Et tout commence étrangement avec la sollicitation d'un majordome qui prétend être habité par l'âme de son employeur qui n'est autre que Lord Scriven, homme d'affaire reconnu qui vient de mourir.

Cette enquête est bien vite captivante. On la suit des yeux de Christopher, le narrateur de cette histoire, avec qui on partage d'abord l'étonnement vis-à-vis des pratiques de Banerjee avant de s'y faire nous aussi et de se prendre au jeu de cette intrigue palpitante.

 

Je ne suis pas forcément une adepte des romans sur fond historique mais ici c'est plus accessoire qu'autre chose et c'est surtout la relation des deux hommes et l'enquête qui sont intéressantes. Cette affaire s'annonce vite compliquée et elle l'est car elle ne cesse de s'envenimer jusqu'à partir dans des directions politico-économiques d'une ampleur mondiale. Rien de difficile à lire pour autant, c'est très progressif et abordé simplement pour ne pas perdre le lecteur. Le dénouement est d'ailleurs très intéressant et nous offre encore un autre regard sur cette histoire.

 

Voilà un moment que je ne m'étais pas plongée dans une intrigue policière et celle-ci était totalement accrocheuse. Et puis, un petit indice à la toute fin du livre laisse entendre qu'on pourrait bien retrouver quelques-uns des personnages dans une autre histoire... Affaire à suivre !

 

Retrouvez l'avis de Bouma.

 

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14 octobre 2016 5 14 /10 /octobre /2016 05:00

Sauveur & fils, saison 1

Marie-Aude Murail

L'école des loisirs, 2016

 

Ça y est, je l'ai terminé. J'avais envie de le déguster ce roman, de le lire lentement pour l'apprécier et le faire durer. Je ne sais pas vraiment pourquoi, parce que Marie-Aude Murail (et ça faisait longtemps que je n'en avais pas lu), parce que cette couverture m'annonçait à chaque fois un moment d’apaisement (même si ce hamster qui n'en est pas un m'a agacé un moment), parce que Sauveur, ce psy et ses patients était une thérapie livresque, bref parce que...

 

 

Non, Sauveur Saint-Yves n'est donc pas un super-héros, ou alors il en est un finalement ordinaire à sa façon. C'est un psy, 1,90m, 80 kg, que certains prennent pour un marabout du fait de ses origines martiniquaises. Son fils non plus n'est pas un héros, c'est un enfant métisse de 8 ans qui s’interroge sur ses origines et adore les hamsters (ah, les voilà !).

Et puis il y a Margaux qui se scarifie, Ella qui ne sait plus si elle préfère être fille ou garçon, Cyrille qui fait pipi au lit sans être compris, Gabin dont la mère est en hôpital psychiatrique et faut-il parler de la famille de la petite Émilie qui passe son temps à se déchirer ? On s'attache à chacun d'entre eux pour une raison, parce qu'on veut comprendre comme Sauveur ce qui rend leur vie si difficile et parce qu'on voudrait tous avoir ses mots qu'il parvient à mettre, sur nos propres vies.

Forcément on s'attache aussi à Sauveur et à son fils dont la vie n'est pas si simple (comme les cordonnier et leurs chaussures) et là, on aurait presque envie de lui dire "Eh là, ça va pas, il faut réagir et arrêter de fermer les yeux".

 

Ce sont toutes ces histoires que l'on suit dans ce roman. Des histoires de vraies vies qui résonnent forcément d'une façon ou d'une autre avec la nôtre. Et c'est ça qu'on aime justement, il n'y a pas de super héros dans ce livre, il n'y a que des gens ordinaires qui demandent de l'aide sous la belle plume de Marie-Aude Murail qui traverse les générations avec toujours autant de plaisir pour ses lecteurs.

Et attention, il faudra guetter la suite qui sort début novembre !

 

Retrouvez les avis de Pépita et Céline.

 

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