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Et des fois, rien, juste rien selon l'envie !

 

Mais pour encore plus d'actualités sur la littérature jeunesse ou sur le quotidien d'une blogueuse-maman-bibliothécaire-lectrice, c'est sur les réseaux sociaux et à la radio.



 

Sophie

Une Recherche Précise ?

Le blog dans et hors les murs...

Ce blog est né de deux bibliothécaires et mamans, Judith et Sophie (moi-même), férues de littérature jeunesse. De l’album au roman en passant par la BD et le documentaire, il y en a pour tous les âges de la naissance à l’adolescence et pour tous les goûts. Et comme le monde du livre est grand, on découvre parfois des portraits d’éditeurs et d’auteurs, ainsi que l’actualité de cet univers passionnant.


Pour savoir qui de Judith ou moi est l'auteur d'un article, il suffit de regarder tout en bas de celui-ci, juste avant le lien pour les commentaires.

 

Vous pouvez aussi me retrouver sous le pseudo, SophieLJ, sur les blogs, forums... Et sur le blog collectif À l'ombre du grand arbre auquel je participe.

 

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17 février 2017 5 17 /02 /février /2017 06:00

Les valises

Sève Laurent-Fajal

Gallimard jeunesse, 2016

 

Nous sommes en 1982, Sarah n'est pas enchantée de partir en voyage scolaire avec sa classe. En froid avec sa meilleure amie, elle se retrouve seule dans le bus pendant que Josy semble bien s'amuser avec la bande de ce frimeur de Jérémy. Mais une fois arrivée à Auschwitz, Sarah va ressentir le désir fort de découvrir ses propres origines qu'elle ressent liées de près ou de loin à ce lieu.

Vivant seule avec sa mère, elle va se décider trop tard à lui poser des questions sur sa famille et son père. En effet, celle-ci va se retrouver dans le coma suite à un accident, Sarah devra alors se débrouiller pour enquêter sur sa famille et les premières années de sa propre vie.

 

 

J'ai beaucoup aimé lire ce roman. Nous sommes au début des années 1980 et pourtant seuls quelques détails nous le rappellent de temps en temps. Sarah est une adolescente comme pourrait l'être une jeune fille d'aujourd'hui dans la même situation. Comme le montre la couverture avec les trois pictogrammes dessinés sur la buée d'une vitre, toute cette histoire va se jouer avec trois éléments importants : une histoire d'amour pas toujours facile, une correspondance mystérieuse et des origines juives.

 

Tout est réuni pour faire de ce roman une histoire palpitante et particulièrement prenante. L'histoire d'amour est bien menée sans jamais être "guimauve rose", l'enquête sur sa famille est passionnante et on se met facilement à la place de Sarah car nous aussi on veut comprendre, quant à l'histoire autour des juifs c'est là aussi juste ce qu'il faut d'assez subtil pour ne pas être dans un roman historique tout en ressentant toute la force des émotions de cette époque.

 

J'ai donc été conquise par ce roman que je n'ai pas lâché et que je vous recommande chaudement. En plus, c'est le premier roman de Sève Laurent-Fajal ! Si vous voulez en savoir plus, j'ai eu le plaisir de la recevoir à la radio dans deux émissions que vous pouvez réécouter ICI et .

 

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3 février 2017 5 03 /02 /février /2017 06:00

Dans les branches

Emmanuelle Maisonneuve

Graine 2, 2015

 

Mo est un collégien accro aux jeux vidéo. Il passe ses journées voire ses nuits à jouer et ce n'est pas sa mère, handicapée du dos suite à un accident qui va s'y opposer. Geek et solitaire, il préfère donc s'enfermer dans sa chambre que de se réjouir de la course d'orientation qui s'annonce au collège. Mais il n'aura pas le choix, il faudra y aller même à reculons. Ce que Mo n'avait pas prévu, c'était de se perdre dans les bois. Il n'avait pas prévu non plus de se blesser et d'être secouru par une étrange créature digne des trolls de ses jeux. Et pourtant, c'est ce qui va se passer et ce qui va changer sa vie à jamais...

 

 

J'ai ouvert ce roman sans m'attendre à grand chose. Il fait partie du Prix Ados d'Ille et Vilaine cette année donc je me suis dit que ça devait quand même valoir le coup. Je ne savais même pas que Graine 2 (maison d'édition plus connue pour ses guides de voyage) proposait des romans. Quant à Emmanuelle Maisonneuve, je ne la connaissais pas plus. Bref, c'était l'inconnu total et je l'avoue j'étais pas plus emballé que ça. Quelle erreur !

 

Tout commence comme beaucoup de romans fantastiques : un héros solitaire, pas orphelin mais avec une vie de famille pas simple et un évènement déclencheur d'une nouvelle réalité. Pour moi, aucun doute, je commençais un livre du genre. Et là surprise, il se pourrait que le troll qui a sauvé Mo n'en est pas un et qu'en fait nous sommes dans un monde tout ce qu'il y a de plus classique. Je ne peux pas vous en dire plus sur cette créature mais il ne faut pas toujours se fier aux apparences.

Très vite, on quitte donc le monde imaginaire que l'on avait à peine effleuré et on démarre une quête initiatique et une relation qu'on ne soupçonnait pas possible dans les premières pages. Mo va découvrir au côté de cette créature toute une part de lui-même qu'il ne connaissait pas et que le lecteur ne pouvait pas deviner.

La forêt et la montagne font le décor de ce récit poignant, touchant et captivant. Mo qui était assez têtu et fermé comme garçon devient attachant et son évolution se fait avec une justesse impressionnante. Ça se fait comme ça, sous nos yeux et je crois que nous aussi on change un peu à la lecture de ce livre. Personnellement, ça m'a donné une sacré envie d'aller m'asseoir en forêt et de regarder la nature défilée, comme ça, juste sans rien faire, en silence.

 

Mes mots me semblent un peu trop fades face à ce roman qui m'a complètement accroché. Je n'en attendait rien et pourtant ce fût une de ces lectures dont on sort un peu transformé. Comme Mo avec cette créature de la forêt, ma première impression était bien loin d'être la bonne alors quelque soit la vôtre en regardant ce livre, ouvrez-le !

 

Retrouvez l'avis de Bouma.

 

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13 janvier 2017 5 13 /01 /janvier /2017 06:00

Robin des graffs

Muriel Zürcher

Thierry Magnier, 2016

 

La nuit, Sam parcourt Paris à la recherche du mur qui accueillera un des dessins de son vieil imagier. Son objectif, faire un graff de chacun des animaux sur des bâtiments de la ville. Son activité suscite une grande agitation chez les policiers qui enquêtent sur cette affaire.
Un jour que Sam se faufile dans le commissariat pour suivre le déroulé de l'enquête, il se retrouve avec une jeune fugueuse de 5 ans, bien décidée à faire de lui sa nouvelle famille.

Voilà une rencontre qui va bouleverser tous ses plans et sa vie...

 

 

J'ai beaucoup aimé ce roman qui nous plonge au cœur des difficultés sociales d'aujourd'hui.

Sam est un jeune en difficulté qui est hébergé grâce à un contrat original avec une dame âgée. Il a pour habitude, en dehors de ses graffs, de chanter à une chorale de SDF qui se réunit à chaque décès d'un sans-abri.
À ses côtés, il y a Bonny, cette petite fille de 5 ans qui est prise en charge par l'ASE (aide sociale à l'enfance) et qui se cherche désespérément une nouvelle famille.

En face d'eux, il  a Nora Laval, la capitaine de police qui doit jongler entre les ordres de son supérieur, sa morale personnelle, son couple et son père. Et n'oublions pas la jeune recrue, Jordan El Lokhi, qui aura l'art d'agacer le lecteur de sa fierté outre mesure.

Ce cocktail de personnage rend le roman très prenant car chacun rempli son rôle à merveille. Petit coup de cœur pour la petite Bonny qui est une enfant impressionnante et pleine de ressources.
 

L'intrigue autour de la double enquête (les graffs et la disparition de la petite fille) est très bien menée. Les évènements s'enchaînent avec logique et le lecteur est tenu en haleine sur le devenir des personnages.

 

C'est un roman qui aurait presque mérité quelques illustrations pour les graffs qu'on imagine mais qu'on aimerait beaucoup voir en vrai ! Une lecture plaisante et attachante que je vous conseille.

 

Retrouvez l'avis de Alice.

 

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6 janvier 2017 5 06 /01 /janvier /2017 06:00

Songe à la douceur

Clémentine Beauvais

Sarbacane, 2016

 

C'est l'histoire d'Eugène et Tatiana. Une histoire d'amour qui s'était finie avant même d'avoir commencée, au plein cœur de l'adolescence. Ça c'était il y a longtemps. Car ce jour, ce matin là où commence cette histoire, ils ont pris le même métro, sur la ligne 14...

 

 

C'est là que commence le roman et que recommence leur histoire. Enfin, si histoire il y a, ça il faudra le lire vous-même. Il faudra que vous ouvriez ce livre au doux titre de Songe à la douceur. Songe comme si tout n'était qu'un rêve ou comme si on nous invitait à y penser sérieusement à cette douceur qu'on oublie si facilement dans ce monde.

Quand le livre sera ouvert, il faudra constater que l'auteure s'est inspiré de Eugène Onéguine, un roman d'Alexandre Pouchkine de 1837. Soit cela vous parlera, soit comme moi vous attendrez de refermer le livre pour en savoir plus sur cette histoire qui en effet semble si proche de cet amour contemporain.

Mais avant ça, il faudra donc lire, s'habituer aux vers et à la mise en page bien loin de la norme éditoriale. Il faudra découvrir ces formes poétiques et littéraires aussi diverses que variées qui font cet objet de papier non identifié. Il faudra imaginer Clémentine Beauvais qui vous raconte cette histoire parce que oui elle est vraiment là, à vous parler à vous ou à ces personnages comme si c'était tout à fait normal.

 

Viendra ensuite le moment où il faudra refermer le livre avec un petit pincement au cœur. Celui où vous aurez la sensation d'avoir lu quelque chose de différent, d'original et d'osé. Je vous laisse le soin de choisir si vous avez aimez ou pas.

Une histoire de vie et d'amour, pas d'eau de rose pour autant, des sentiments forts et contradictoires. Moi, j'ai aimé, j'ai été transporté et je dis merci Clémentine Beauvais !

 

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4 novembre 2016 5 04 /11 /novembre /2016 06:00

L'anneau de Claddagh 1 : Seamrog

Béatrice Nicodème

Gulf stream, 2015

 

Irlande, comté de Galway, 1846.

Keira vit et travaille dans la maison des Winterbottom depuis toujours. Quand elle tombe amoureuse de Arthur Carmichael, fils d'un grand propriétaire anglais, ils vont commencer à envisager un avenir commun. Mais dans ce pays ravagé par la famine, Keira a besoin de temps pour accepter de tout quitter et ne peut s'empêcher de penser que tôt ou tard il pourrait préférer épouser une fille de son rang...

 

 

Difficile de résumer ce livre sans prendre cette histoire d'amour en point central, pourtant elle n'est qu'ébauchée dans ce premier tome. Ce livre est typiquement un livre d'introduction, parfois avec quelques longueurs, qui prend son temps pour mettre en place tout le contexte de la vie de Keira.

On y parle beaucoup des conditions difficiles dans lesquelles vivent les paysans : mauvaises récoltes, famine, maladies... On s'attarde aussi à montrer le décalage entre leur vie et celle des familles des lords anglais qui les dirigent. Et pour cause, le fossé entre ces deux mondes qui vivent sur les mêmes terres est énorme. Keira et sa mère jouent le rôle d'intermédiaire entre ces deux univers, ce qui nous permet de voir toutes cette différence de leur regard.

Comme je le disais, la romance entre Keira et Arthur n'a qu'une place secondaire dans ce premier livre. Même si elle est le fil conducteur de l'histoire, on comprend que ce sera plutôt dans les autres tomes qu'on la vivra pleinement... ou pas !

Une chose que j'ai apprécié dans cette histoire, c'est la légende de l'anneau de Claddagh. Légué par sa grand-mère, Keira porte cet anneau en collier et j'ai apprécié de le retrouver ici. Je connaissais déjà un peu l'histoire et la signification de ce bijou (cf une série bien connue où un bel ange ténébreux l'offre à son grand amour de tueuse) et c'était appréciable d'en apprendre un peu plus sur ce symbole d'amour, de loyauté et d'amitié qui guide Keira dans ses choix.

 

Ce roman est intéressant pour tout l'aspect historique de l'Irlande et de l'Angleterre qu'il met bien en scène. Malgré tout, l'histoire traîne un peu et même après la lecture, je ne sais pas trop vers quoi on se dirige : romance, aventure, magie, un autre aspect historique du monde ou peut-être un peu de tout ça... À suivre dans les tomes 2 et 3. Une petite remarque d'ailleurs, j'ai trouvé assez sympa qu'en superposant les 3 tomes, on puisse découvrir le personnage de Keira en entier.


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21 octobre 2016 5 21 /10 /octobre /2016 05:00

Le dernier songe de Lord Scriven

Éric Senabre

Didier jeunesse, 2016

 

Christopher Carandini était un grand journaliste jusqu'à une affaire qui a mal tourné pour sa réputation. Le voilà maintenant sans rien, à la rue, quand il découvre l'étrange annonce de Mr Banerjee :

Gentleman cherche secrétaire particulier pour surveiller son sommeil.
Se présenter au 30 Portobello Road et demander une théière.

C'est ainsi qu'il fera la connaissance de ce mystérieux détective privé qui résout des enquêtes... en rêvant !

 

 

Dans l'Angleterre du début du XXe siècle, on s'attache bien vite à ce duo d'enquêteurs atypique. Non sans rappeler Sherlock Holmes et le Dr Watson, les deux hommes vont se lancer dans une affaire plus complexe que celles qu'ils ont l'habitude de résoudre. Et tout commence étrangement avec la sollicitation d'un majordome qui prétend être habité par l'âme de son employeur qui n'est autre que Lord Scriven, homme d'affaire reconnu qui vient de mourir.

Cette enquête est bien vite captivante. On la suit des yeux de Christopher, le narrateur de cette histoire, avec qui on partage d'abord l'étonnement vis-à-vis des pratiques de Banerjee avant de s'y faire nous aussi et de se prendre au jeu de cette intrigue palpitante.

 

Je ne suis pas forcément une adepte des romans sur fond historique mais ici c'est plus accessoire qu'autre chose et c'est surtout la relation des deux hommes et l'enquête qui sont intéressantes. Cette affaire s'annonce vite compliquée et elle l'est car elle ne cesse de s'envenimer jusqu'à partir dans des directions politico-économiques d'une ampleur mondiale. Rien de difficile à lire pour autant, c'est très progressif et abordé simplement pour ne pas perdre le lecteur. Le dénouement est d'ailleurs très intéressant et nous offre encore un autre regard sur cette histoire.

 

Voilà un moment que je ne m'étais pas plongée dans une intrigue policière et celle-ci était totalement accrocheuse. Et puis, un petit indice à la toute fin du livre laisse entendre qu'on pourrait bien retrouver quelques-uns des personnages dans une autre histoire... Affaire à suivre !

 

Retrouvez l'avis de Bouma.

 

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14 octobre 2016 5 14 /10 /octobre /2016 05:00

Sauveur & fils, saison 1

Marie-Aude Murail

L'école des loisirs, 2016

 

Ça y est, je l'ai terminé. J'avais envie de le déguster ce roman, de le lire lentement pour l'apprécier et le faire durer. Je ne sais pas vraiment pourquoi, parce que Marie-Aude Murail (et ça faisait longtemps que je n'en avais pas lu), parce que cette couverture m'annonçait à chaque fois un moment d’apaisement (même si ce hamster qui n'en est pas un m'a agacé un moment), parce que Sauveur, ce psy et ses patients était une thérapie livresque, bref parce que...

 

 

Non, Sauveur Saint-Yves n'est donc pas un super-héros, ou alors il en est un finalement ordinaire à sa façon. C'est un psy, 1,90m, 80 kg, que certains prennent pour un marabout du fait de ses origines martiniquaises. Son fils non plus n'est pas un héros, c'est un enfant métisse de 8 ans qui s’interroge sur ses origines et adore les hamsters (ah, les voilà !).

Et puis il y a Margaux qui se scarifie, Ella qui ne sait plus si elle préfère être fille ou garçon, Cyrille qui fait pipi au lit sans être compris, Gabin dont la mère est en hôpital psychiatrique et faut-il parler de la famille de la petite Émilie qui passe son temps à se déchirer ? On s'attache à chacun d'entre eux pour une raison, parce qu'on veut comprendre comme Sauveur ce qui rend leur vie si difficile et parce qu'on voudrait tous avoir ses mots qu'il parvient à mettre, sur nos propres vies.

Forcément on s'attache aussi à Sauveur et à son fils dont la vie n'est pas si simple (comme les cordonnier et leurs chaussures) et là, on aurait presque envie de lui dire "Eh là, ça va pas, il faut réagir et arrêter de fermer les yeux".

 

Ce sont toutes ces histoires que l'on suit dans ce roman. Des histoires de vraies vies qui résonnent forcément d'une façon ou d'une autre avec la nôtre. Et c'est ça qu'on aime justement, il n'y a pas de super héros dans ce livre, il n'y a que des gens ordinaires qui demandent de l'aide sous la belle plume de Marie-Aude Murail qui traverse les générations avec toujours autant de plaisir pour ses lecteurs.

Et attention, il faudra guetter la suite qui sort début novembre !

 

Retrouvez les avis de Pépita et Céline.

 

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7 octobre 2016 5 07 /10 /octobre /2016 05:00

Bluebird

Tristan Koëgel

Didier jeunesse, 2015

 

Depuis la mort de sa mère, Minnie et son père parcourent les routes du Mississippi. Lui chante le blues, elle joue de l’harmonica. Le jour où ils arrivent à la plantation de Silas, tout va changer ! Minnie va rencontrer Elwyn, le fils du contremaître qui malmène les travailleurs. Ils vont s'attacher l'un à l'autre mais leur histoire va être interrompu par un drame conduisant Minnie à la fuite...

 

 

Sur fond de plantation dans l'Amérique des années 1940, on entend les chants de Minnie et de tous ceux qui ont fait naître la culture blues dans les plantations, ici de coton.

Ce roman est raconté à plusieurs voix : Minnie, Elwyn et Nashoba (second du contremaître connu pour sa force et sa violence). Il faudra un premier tour de leurs trois regards pour bien comprendre ce qui se trame dans cette plantation. C'est aussi cette façon de raconter l'histoire qui va nous permettre de nous attacher à plusieurs personnages voire de nous éloigner un peu de Minnie que l'on croit voir comme l'héroïne du livre dès les premiers chapitres.

 

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Dans ce roman, le non-dit a beaucoup de place car il est le déclencheur d'un certain nombre d'évènements qui font l'intérêt de l'histoire. J'ai beaucoup aimé cette lecture par son ambiance autour des plantations, par la musique qui s'en dégage même si on ne fait que la lire et aussi par sa forme : ces passages de parole entre les personnages vont éclairer le lecteur dans l'histoire qui se joue.

 

C'est un roman vraiment captivant qui dépayse totalement. On voit à quel point les choses peuvent ne tenir qu'à un détail mais aussi qu'il faut parfois savoir ne pas se fier qu'aux apparences.

 

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30 septembre 2016 5 30 /09 /septembre /2016 05:00

Aussi loin que possible

Éric Pessan

L'école des loisirs, 2015

 

Antoine et Tony n'avaient rien prévu. Ils avaient leurs galères : une famille menacée d'expulsion et un père violent, et c'est à cause d'elles qu'ils sont partis. Il a suffi d'un matin, d'un regard pour que tous les deux, ils se mettent à courir toujours plus loin, sans but, aussi loin que possible.

 

 

Quel texte ce roman ! Des phrases courtes comme le souffle de ces deux personnages dans la course. Ils parlent peu entre eux, chacun connaît les problèmes de l'autre, ils se respectent et s'encouragent en silence contre la douleur du corps. Quand ils sont partis, aucun d'eux ne pensaient aller aussi loin. À chaque étape, ils rajoutent des kilomètres sans connaître la fin, juste pour goûter enfin à cette liberté naissante et sauvage.

Le roman n'est pas très long (moins de 150 pages) mais c'est le récit de leur course qui nous donne envie d'arrêter de respirer car nous aussi, en bons lecteurs, on ignore où on va. On se laisse porter par leur choix de continuer avec la certitude que ce qu'ils vivent est un tournant dans leur vie... mais lequel ?

 

Ce roman vous tiendra en halène à coup sûr. Avec des sujets sensibles sur l'actualité, il montre la course que peut être la vie, surtout quand on décide de refuser les coups du sort.

 

Retrouvez l'avis de Pépita et Bouma.

 

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9 septembre 2016 5 09 /09 /septembre /2016 05:00

Le passage du Diable

Anne Fine

L'école des loisirs, 2014

 

Daniel Cunningham vit depuis son plus jeune âge enfermé chez lui. Sa mère lui a fait croire toute son enfance qu'il était très malade ce qui justifiait son alitement presque constant et son isolement. Les seuls moments d'évasion que connaît Daniel, ce sont ceux passés à jouer avec une grande maison de poupées.

Le mystère qui règne autour de la demeure Cunningham finit par intriguer l'entourage. C'est ainsi qu'un groupe d'hommes va s'introduire chez Daniel et sa mère pour le sortir de là.

Le Dr Marlow, après s'être assuré que le garçon était en bonne santé, va le prendre sous son aile le temps de l'internement de sa mère. Mais celui-ci se finira tragiquement et obligera Daniel à nouer avec un oncle jusque là inconnu...

 

 

Cela faisait un moment que cette sombre couverture associée au nom de Anne Fine me faisait envie. Il a fallu qu'on me dise que c'était une histoire effrayante à vous hérisser les poils pour que je lise enfin ce roman. J'ai bien du mal à retrouver les émotions angoissantes que je vivais plus jeune avec la série de romans Chair de poule jusque tard la nuit, alors j'ai beaucoup misé sur ce roman.

Malheureusement, je n'ai pas eu les frissons escomptés. Certes, il y a bien une ambiance angoissante qui règne tout au long du roman mais rien qui ne m'a fait m'endormir lumière allumée ou contrôler le dessous de mon lit. Pourtant, j'y ai cru tout le long à une scène flippante à souhait, mais non.

 

Pour autant, je ne regrette pas une seconde cette lecture. C'était un vrai plaisir littéraire. Daniel est un garçon très vite attachant et on a envie de savoir comment il va pouvoir se construire un avenir avec le handicap social de son enfance. Et puis, il y a l'histoire bizarre autour de cette maison de poupée, le passé inquiétant de cet oncle tantôt charmeur, tantôt hostile et l'envie de découvrir comment la mère de Daniel a pu en arriver à s'isoler ainsi.

 

Tout dans le personnage de Daniel et ce qui l'entoure questionne et donne envie d'en lire plus. J'ai passé un très bon moment en sa compagnie et même si je n'ai pas eu si peur que je l'aurais voulu, c'était une lecture tendue et captivante que j'ai quittée avec un brin de tristesse.

 

Retrouvez l'avis de Pépita.

 

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